À Sorgues : le jardin de Brantes et ses perspectives

Situé sur la commune de Sorgues, le jardin de Brantes fait office de poumon vert pour la ville. Un espace de 3.500 m² à l’alignement parfait.

Des perspectives. C’est le maître-mot de ce lieu d’inspiration toscane dessiné par un paysagiste danois en 1959. Trois bassins miroirs, des alignements de buis et de cyprès offrent à ce jardin classé remarquable en 2005 une ambiance singulière, presque apaisante, loin de l’agitation des zones commerciales et industrielles limitrophes.    

Ce jardin de Brantes, inscrit aux Monuments historiques (ainsi que la façade du château), est lové au cœur d’une propriété de 15 hectares (10 hectares de terres agricoles, 3 de bois et 2 de bâtiments, cours et jardins) à Sorgues.

Le magnolia bicentenaire donne à cette propriété de la noblesse pontificale un cachet historique. L’arbre, le plus gros d’Europe avec ses six mètres de circonférence à un mètre du sol, a vu défiler une partie de l’histoire du château de Brantes et de sa famille qui a acheté le domaine en 1619. Le château de Brantes sortira de la famille de 1850 à 1955, année où les parents de Charles Hubert de Brantes le rachètent. « L’histoire contemporaine du château est marquée par la visite en hélicoptère de Valéry Giscard d’Estaing et de sa femme, Anne-Aymone Giscard d’Estaing, née Sauvage de Brantes, et qui n’est autre que la nièce de mon père », raconte Charles Hubert de Brantes.

 

Une force puisée dans l’eau

Des odeurs de magnolia grandiflora, d’hydrangea, de rose, d’osmanthe ou de jasmin étoilé… Des couleurs blanches avec la rose fée des neiges, bleues avec l’agapanthe ou le plumbago, roses avec le raphiolepsis indica et panachées de rose, orange et blanc avec les pivoines arbustives… Le jardin de Brantes surprend les sens au fil des saisons. La structure même de l’endroit incite à la contemplation. D’ailleurs, six bancs en pierre jalonnent le parcours. On y trouve un coin de rocailles avec une vue surplombant le jardin, un mur d’enceinte en galets de la Durance qui donne à ce lieu cet aspect intimiste, un courant d’eau qui apporte la vie au jardin et cet art topiaire qui fait de ces buis plantés en 1960 un appui à la perspective des bassins. Petite fantaisie dans ce jardin très organisé, les quatre couleurs d’un jeu de cartes (pique, cœur, carreau, trèfle) prennent forme dans des massifs de buis.

La force de ce jardin est puisée dans ces trois bassins. « Nous captons l’eau de la Sorgue qui traverse la propriété par gravitation naturelle via le canal de Vaucluse. Ce courant d’eau va vers l’intérieur de la maison tel un jardin maures-que », explique Charles Hubert de Brantes. Dans le dernier des bassins, deux enfants nus portent des dauphins sur leurs épaules. L’eau jaillit du rostre des cétacés, laissant en période ventée, l’agréable sensation d’une fraîcheur par brumisation involontaire.

Alain RICCI

Jeudi 16 juillet 2020 Le Dauphiné Libéré

 

© 2020 par www.editionsbluebook.com. Créé avec Wix.com

Photos © Michel Vialle, F.M. Varga et alii